Jeudi 9 février 2006
Par CoYoTE - Publié dans : Blablasfème
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Mercredi 8 février 2006
Crise de nerfs
Nerfs de cheval
Cheval de course
Course poursuite
Suite judiciaire
Hier est mort
Moribond
Bonde d'égout
Dégoutant
Tank d'assaut
Saut de f'nêtre
N'être rien
Rien à foutre
Outrageant
Gens qui mentent
Mental creux
Creux d'la vague
Vague crise
crise de nerfs
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Samedi 14 janvier 2006
c'est horrible et c'est magique,
tu alignes quelques bouts de phrases,
tu es juste poli et positif,
et ce garçon te dit que tu l'as touché,
qu'il ne t'oubliera pas,
qu'il se sent attaché à toi.
il a des sentiments rien qu'à l'évocation de ton nom.
c'était le sujet? c'était le rire accidentel? c'était la larme convenue?
c'était le simple fait d'avoir discuté?
c'était un point précis?
tu as juste aligné des bouts de phrases
certaines toutes faites, d'autres en réponses
parce que c'est comme ça que ça doit se passer, non?
c'était horrible, et c'était magique
Par CoYoTE - Publié dans : Blablasfème
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Dimanche 8 janvier 2006
il y a des trucs qui ne se disent pas
comme par exemple

Quand ton proprio frappe à ta porte avec un huissier et un officier de gendarmerie
il ne faut pas répondre :  "C'est occupé!"
mais :
"Votre présence m'incommode et me donne la chiasse."

Quand on t'appelle et qu'on te demande "je ne te dérange pas?",
il ne faut pas répondre :
"J'étais en train de me masturber, mais c'est pas grave, je continuerai plus tard"
mais :
"Tiens, c'est marrant, je pensais à toi."
et ne pas ajouter ("avec la main").

Quand dans un entretien avec le boss, il te demande quelle est ton objectif de carrière,
ll ne pas répondre :
"Avoir un siège avec des roulettes"
mais
"Prendre ta place et te pousser vers la porte dès que possible."

Quand un ami te demande de l'écouter geindre,
il ne faut pas répondre :
"J'ai pas beaucoup de temps"
mais :
"Je pense que de t'écouter va m'ennuyer profondément, et je n'ai pas envie de ça aujourd'hui ni demain d'ailleurs. Alors il vaudrait mieux que tu abandonnes ou que tu ailles embêter quelqu'un d'autre, j'ai déjà donné et y pas de raison que ça tombe toujours sur moi. ne le prends pas mal surtout."

Quand on te demande pourquoi tu te caches derrière un masque,
ne pas rire bêtement
mais dire simplement la vérité :
"Parce que j'ai peur du noir."

En dépit des idées reçues, mentir ne sert strictement à rien. Mais il y a plusieurs façons de dire les choses. La plus sincère est toujours la meilleure. Elle n'est jamais effrayante, elle n'est jamais blessante. Mais la sincérité est enfouie très profondément, elle est difficile à trouver, et de plus, elle est entourée de copeaux coupants, elle est emmelée à des millions de scories, sa pureté est entachée de déchets jusqu'à en avoir fait disparaître l'éclat. Mais la sincérité n'a vraiment rien d'effrayant. C'est la chercher dans l'obscurité à main nues qui est effrayant.

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Samedi 24 décembre 2005
Noël, c'est comme une aiguille dans une botte de foin. On se sent vivre en marchant dessus.
Avec une moyenne d'une heure trente par cadeau à trouver, ça prend beaucoup de temps pour se préparer. J'ai lissé mes moustaches, arrêté un temps de laisser trainer ma queue (je n'arretai pas de marcher dessus), et je suis passé en mode apprivoisé.
Doux comme un agneau qui brêlerait :

Joyeux Noël! Joyeux Noël! Joyeux Noël!

Et maintenant, le post :

Tu as été sage, cette année? Est-ce que je te donne ta chance?
L'année dernière, c'était une catastrophe, alors, je t'attends au tournant.
Si jamais tu merdes cette année, attends toi à des représailles l'an prochain.

Disons qu'on te fait confiance. Disons que tu vas te rattraper.
Alors, OK, voiçi ton cadeau. Notre confiance.
Taches d'en être digne, père Noël.

Signé CoYoTE, qui laisse l'ygreque dépasser pour que tu fasses ton office.
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Mercredi 7 décembre 2005

La mise en scène implique qu'il ferme le sac.

Il y a quelques petits trous tout le long de la surface pour que la peau respire et ne colle pas. Visuellement, de l'extérieur, il n'y a plus qu'un tas informe, dès lors qu'elle est immobile; mais elle respire, et anime le matériau inorganique et d'un bleu de formol d'une danse de serpent mécanique. De l'intérieur, elle voit des pans de plastique la surprendre par leurs mouvements brusques et imprévisibles, la stressant dans un étau hermétique et déjà moite de sa sueur. Puis il noue le sac par trois fois. Les trois hauteurs correspondent à peu près aux chevilles, aux hanches, et un petit peu au dessus des seins. En vérité, il ne peut pas déterminer la position de la corde. Il imagine, et s'excite d'imaginer que derrière cette toile froide, il a peut-être frolé un téton, que cette courbe est peut-être un signe de fémininité. En vérité, dans le chaos de ces sollicitations sauvages, son corps est éraflée sans ménagement, ses zones les plus sensibles sont malmenées au même titre que les autres, et elle ne comprend rien des intentions à l'origine, tout juste comprend-t'elle la corde quand celle ci se resserre en tordant ses jointures.

Puis il insère le tube.

Le tube est extrêmement laid, il ressemble à un pot d'échappement, mais il est fonctionnel. Elle sent monter une crise de claustrophobie à mesure que le tube se cogne aux commissures de ses lèvres. Comme à chaque fois, l'anxiété devient panique, la respiration semble impossible, elle cherche maladroitement l'entrée du tube. Il trouve la bouche après plusieurs coups de boutoir.  Sa gorge s'empale sur le tube et lache une grande respiration afin de chasser l'air vicié de ses poumons.

Il n'est plus qu'attentif aux moindres démonstrations humaines qu'il essaie tant bien que mal de deviner au travers du plastique froid. Elle n'est plus que nerfs et respirations.  Privé de ses repères visuels, baignant dans l'antithèse de la beauté plastique humaine, du contact particulier de la chair, il ne percoit plus que les mouvements affaiblis d'un combat intérieur, retenu, contre le symbole de sa civilisation, le polyéthylène. Privée de sa vue, de sa liberté, elle ne percoit plus que la contrainte qui la renvoie par ses nerfs brulant à la mécanique de son corps. A un moment, elle en oublie sa douleur, elle n'est plus que respiration. Le monde autour d'elle n'est plus que l'air qui passe coupé du tube.

Puis il commence à la fouetter. Elle ne dit rien, parce qu'elle aime ça. Il ne dit rien non plus, parce qu'il l'aime. Il frappe avec hésitation au début, elle se mord les lèvres avec détermination. La moindre pointe claque là où il ne faut pas, là où le nerf n'est pas prêt, où là ou il n'en veut plus. Puis il frappe plus fort. Il ne dit rien, parce qu'il veut qu'elle l'aime, elle ne dit rien non plus, parce qu'elle l'aime. Il se demande quelle sensation procure le claquement du cuir au travers le plastique. Ce n'est pas du tout ce qu'elle imaginait. Puis il se met à frapper plus vite, elle ne dit rien parce qu'elle veut qu'il l'aime, il ne dit rien parce qu'il aime ça.

Mais ce soir, ça va trop loin. Le sac se déchire sous les attaques du fouet. Lorsque les pointes se mettent à toucher la chair, elle se découvre un fil dénudé, la douleur se transforme soudain,  intérieure,  intime, traumatique.

Elle ne comprend pas, elle s'est toujours maitrisée jusqu'à ce soir, elle se met à hurler de panique. Elle n'en peut plus d'être agressée, elle a peur d'être détruite, elle a peur de mourir, elle n'en peut plus d'avoir peur. Son cri résonne en lui comme un coup de poignard dans le coeur, le désagrège, l'explose de terreur. Elle se débat comme une furie contre le sac et contre les noeuds. Il se précipite pour la libérer, l'horreur de la perdre tétanise tout son être. Elle glisse de la table en retrouvant l'air libre, elle mouline des bras et des jambes en essayant de s'enfuir. Il la rattrape alors qu'elle tombe. Ses bras amortissent sa chute, le contact de leur corps nus est la sensation la plus humaine et la plus chaleureuse qu'ils aient jamais connu. Il lui répète : "Je suis là, je suis là, je suis désolé, tu ne crains rien." Elle le regarde comme on regarde l'être aimé, elle sait qu'il sera toujours là pour la protéger. Ils savent tous les deux l'amour et la peur, la peur et l'amour. Elle sent ses mains dans ses cheveux, son regard mouillé, son attention absolue. Leurs yeux brûlent du torrent de l'émotion. Leurs coeurs battent avec l'intensité des accidents. Ils se serrent l'un contre l'autre, lentement, pleurant leur plus intense retrouvaille.





Je sais pas. J'imagine.
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Mardi 22 novembre 2005
(hyperpoème)


L'Amour et la Montagne



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Dimanche 6 novembre 2005
Il y a eu une coyote, ou plutôt une coyotesse
Je vois déesse partout


Une amie devenue miel

Animal

Un strabisme légèrement divergent et absolument craquant
Au niveau des tétons

Si
Les anges ont des ailes
Elles cachent un cul aussi doux que le sien

Elle a ébranlé mon coeur
Jusqu'à ce qu'il délivre ce trop plein d'amour
Saumâtre

Puis est venue l'heure des questions
Je n'ai pas de réponses
C'est vrai
Et facile
Elle me dit qu'elle en est au même point
Quand j'avoue ne pas connaître le mien

Elle ne veut pas perdre un ami
Et un amant
Je ne le veux pas non plus
Qu'est-ce que j'ai fait alors?

Une parenthèse
Une parenthèse fermée pour se protéger

Elle me dit devoir se protéger

Et j'aurai été l'agression

Elle est plus vigilante, c'est une chance
Et comprend mes instincts inconscients de prédateur
Un gibier expérimenté

Je ne suis pas un salaud
On dirait presque que ça passe
Je suis comme absent dans ce café
Elle prend les décisions
J'attends muet, cramoisi, humilié et soulagé
Nous allons garder nos distances
Quelque centaine de kilomètres

On prendra soin l'un de l'autre
J'apprendrais comment réagir

Elle est aussi distraite que moi
Elle ne fait pas attention aux endroits ou elle dépose ses baisers

Que c'est compliqué, entre la vie, les sentiments, le sexe et les protocoles

Elle a mis de l'amour dans mes moustaches

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Vendredi 4 novembre 2005

Un esprit sain, ça c'est plus sage
Un esprit sain dans un corps sain
Un esprit sain dans un corps sien
Un corps sien dans un esprit mien.

Un corps sain dans un corset,
Un esprit tient dans un cor, c'est
Que d'accord l'esprit encore sait
Coordonner le corps en chasse

Son corps vient hors de ses cordages.
Son coeur vient hors de son corsage.
Mes mains sont en état de siège
L'esprit Saint accuse son âge.

Un corps sincère forcément
Ne s'emporte n'importe comment
Son corps rie comme un aimant
D'émoi corsaire à l'abordage

Un morceau qui dépasse de Corse
C'est comme un printemps qui se jette
Une promesse qui espace l'écorce
Un corps chaud dans un-esprit-qui-s'dilate.

Est-ce donc un mauvais songe
Que de croire en ce paradis sauvage?
Sont-ce diversions, mensonges?
Un esprit sain, ça c'est plus sage.

De toute la thermodynamique,
Et autres histoires de pirates
Il est une clause que je retiens,
Des esprits chauffés on obtient
Dans l'émulsion,
Dans l'émotion,
Dans la potion,
L'image,
Mentale,
Magique,
D'un corps
Mien
Dans un corps
Tien.

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Samedi 22 octobre 2005
Ce blog est optimisé pour une lecture active.
Afin d'en conserver la saveur, il est recommandé de le lire lentement, à tête reposée, en laissant son imagination combler l'espace entre les mots, et de ne surtout pas utiliser de micro-onde.
Il est ludique par essence et ne tire ses effets que de la propension de son lecteur à en animer sa lecture. Ainsi, ce blog fera apparaître d'étranges images si on en augmente la taille des caractères de façon à ce que les mots se coupent et se recouvrent (control_+ sur firefox), si on ne découvre que des moitiés de mots en les surlignant (le control_A étant déconseillé), si on réduit la fenêtre pour ne laisser que quatre mots par ligne, si on utilise le défilement automatique afin de contrôler le rythme de lecture, etc.
Dans notre société, l'important n'est pas la façon dont on produit, mais celle dont on consomme.

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